Auteur : Aminata Ndiaye

Digitalisation du secteur public : 3 enjeux de la E-administration

La transformation digitale nécessite la mise à jour ou le renouvellement des modifications des processus et des systèmes informatiques. Chose qu’il est plus difficile de faire dans le secteur public que dans le secteur privé. Cela pour plusieurs raisons, dont celle liée au maintien d’une continuité stratégique même lorsque les administrations politiques changent.

La digitalisation du secteur public est pourtant un des enjeux phares de la digitalisation sur le continent. Les usagers sont impatients et s’attendent à une intégration de la technologie au sein de l’administration. Une attente qui s’articule très souvent autour de la dématérialisation des process, des documents, des données et des échanges, afin de faciliter les relations entre les eux (usagers) et l’administration. Il souhaite une e-administration. L’Administration électronique ou E-Administration désigne l’utilisation des technologies de l’information et de la communication par les administrations publiques visant à rendre les services publics plus accessibles à leurs usagers et à améliorer leur fonctionnement interne.

Dans un contexte socio-économique en plein changement, les TIC sont devenues, plus que jamais, les leviers proclamés d’une transformation profonde du fonctionnement des services de l’Etat. La digitalisation du secteur public doit être plus qu’une simple évolution technologique. Elle doit apporter plus de transparence et simplifier la relation avec les opérateurs économiques et autres parties prenantes. Autant de bons points qui amènent à creuser plus loin et comprendre les enjeux liés à la digitalisation de ce secteur.

Simplifier les démarches administratives grâce à la dématérialisation

Selon Philippe VRIGNAUD, Directeur de projet chez Direction interministérielle du numérique et du SI de l’Etat (DINSIC), “La dématérialisation au sens large (concernant bien entendu la numérisation des documents mais aussi et surtout la relation usager ou les processus métier) doit aller vers une simplification de la vie de l’usager et plus d’efficience pour l’Etat”.

Que ce soit pour un marché public ou un simple document administratif destiné à un usager, la dématérialisation doit faciliter le partage et permettre de gagner du temps. Au niveau de l’administration en lui même un des enjeux serait de rendre les documents plus collaboratifs et accessibles.

La simplification des démarches administratives est donc un des enjeux que peut régler la dématérialisation, que ce soit dans le cadre des marchés publics ou d’un simple document administratif destiné à un usager, la dématérialisation facilite le partage.

Rendre les documents collaboratifs et réduire le temps de recherche d’informations

Autre enjeu de la E-administration, c’est la possibilité de rendre les documents plus collaboratifs pour les différentes démembrements de l’administration. En effet, la E-administration devrait permettre aux administrés de disposer de leurs documents administratifs même en cas de changement de localisation ou de perte accidentelle. La procédure serait plus rapide grâce à une plus grande transversalité entre les administrations notamment en mettant en place des architectures permettant une collaboration inter-services.

Une manière de répondre aux attentes des administrés pour des communications omnicanales, mobiles, quasi instantanées, procurer une expérience utilisateur (aussi bien pour les agents que pour les administrés) et garantir une conformité à un contexte légal et réglementaire toujours plus strict notamment en termes de confiance numérique. Des processus qui permettrait à l’administration de réduire la complexité des procédures mais aussi les délais de réponse.
Au Sénégal, l’ADIE a déjà pensé à ces solutions pour l’Etat avec la mise en place d’un portail collaboratif nommé CPS (Collaborative Portal Server) basé sur les logiciels libres, et qui offre un outil de productivité et d’efficacité pour tous les pouvoirs publics. Un espace collaboratif qui  devra faciliter le partage des données.

Réduire les coûts de l’administration

La digitalisation du secteur public permettrait d’abaisser les coûts de l’administration, grâce déjà à une utilisation moindre du papier. La numérisation fait évoluer l’administration vers une dimension de plateforme, sur laquelle les citoyens et les services publics interagissent. On utiliserait ainsi moins de papier pour le plus grand bonheur des écologistes mais aussi aussi de l’Etat. Certes, le retour sur investissement de la E-administration peut s’avérer difficilement quantifiable. Mais cela ne devrait pas entraver la marche vers la dématérialisation car, cette transformation en plus de collecter des données en nombre et à les exploiter pour offrir de nouveaux services aux utilisateurs.

La e-administration est désormais plus qu’un concept, il s’agit d’une réalité pour les Etats. Il existe d’ailleurs des classements internationaux d’e-administration parmi lesquels lindice de développement de l’administration en ligne qui, présente l’état de développement des États membres des Nations Unies.

Pour que les nouvelles technologies conduisent à plus d’efficacité, il est nécessaire que le changement ne soit pas que technologique. Ce changement doit également inclure une dimension organisationnelle, mais aussi humaine pour une grande transparence dans l’utilisation des TICS aussi bien par les populations que par les services publics de même que les entreprises.

La transformation numérique sera t-elle le propulseur de la croissance dans les marchés émergents ?

Dans les pays développés, le numérique contribue à stimuler la productivité et la compétitivité économique. La croissance économique a été accélérée par l’introduction de nouveaux services et produits issus de la transformation numérique. Des industries telles que le transport ou l’hôtellerie se retrouve bouleversées par l’avènement d’un nouveau modèle économique. Le secteur bancaire est aussi un de ceux qui ressent les innovations digitales avec l’introduction du mobile money en 2007 avec la solution M-Pesa numérique. En plus de contribuer à la transformation des industries, la transformation numérique ne serait elle pas un moyen idéal de renforcer les compétences grâce aux formations à distance mais aussi de favoriser l’égalité des genres? Un combat qui est d’ailleurs porté par les différents regroupements de femmes entrepreneurs et des initiatives telles que le WIC (Women’s Investment Club).

Mais la digitalisation apporte également son lot de craintes en terme de régularisation, d’emploi qui risque de disparaître. Avec autant de questions, on est en droit de se poser la question : la transformation numérique sera t-elle le propulseur de la croissance dans les marchés émergents?

Les opportunités business de la transformation numérique pour les marchés émergents

La révolution numérique en Afrique offre de nombreux avantages. Il permet en outre l’émergence de nouveaux opérateurs sur le marché pour le développement des différentes technologies et infrastructure. Cela découle sur des opportunités de collaborations comme celle conclue entre les opérateurs Orange et MTN pour la création d’une société commune du nom de Mowali. Une société qui permettra l’interopérabilité des paiements sur l’ensemble du continent.

Car, le mobile money est un des secteurs à fort enjeux en Afrique. Né au kenya avec M-Pesa, le mobile money s’est répandu sur le reste du continent. Aujourd’hui son dynamisme en Afrique de l’Ouest s’est traduit par l’ouverture de 104,5 millions de comptes de mobile en 2017 pour une valeur de transactions de 5,3 milliards de dollars US.
Une opportunité pour l’inclusion financière des populations dans un continent où le taux de bancarisation est des plus faibles, mais aussi pour la réduction du chômage chez les jeunes et l’égalité des genres.

Un moyen de favoriser l’emploi des jeune et l’égalité des genres

Le numérique à travers les technologies de l’information et de la communication (TIC) est considéré comme un secteur important pour la création d’emplois et le développement économique, en particulier dans les pays en développement confrontés à des problèmes de croissance et de chômage. Selon le rapport 2017 sur la compétitivité en Afrique, “Si les politiques actuelles en matière d’emplois restent inchangées, moins du quart des 450 millions de nouveaux emplois nécessaires au cours des 20 prochaines années seront créés”. Le numérique apporte donc une réponse favorisant la création d’entreprise et d’emploi.
Se posera cependant le problème de la formation. Un problème auquel les écosystèmes tentent de répondre en s’organisant pour structurer le marché du numérique et permettre à cette génération d’entrepreneurs de combler leurs lacunes en compétences mais aussi les accompagner dans leur recherches de financement. On note de nombreux incubateurs et autres structures d’accompagnement qui se mettent en place pour accompagner les acteurs. Les hackathons et autres programmes d’open innovation sont également de plus en plus fréquents sur le continent.

Que ce soit le secteur public comme le privé, les organisations ont compris l’importance de la transformation numérique pour s’adapter et rester compétitives

Des investissements consentis pour développer les infrastructures numériques

Plusieurs initiatives de grande envergure ont pour but de développer les infrastructures numériques en Afrique. Preuve que les gouvernements sont conscients du potentiel du digital sur la croissance économique. Des plans nationaux orientés numérique sont mis en place dans des pays comme le Sénégal avec la stratégie « Sénégal numérique 2025 » partie intégrante du Plan Sénégal Emergent. La Tunisie et le Cameroun se démarque également avec respectivement ”Plan National Stratégique « Tunisie Digitale 2020” et Plan stratégique Cameroun numérique à l’horizon 2020. Une liste non exhaustive qui démontre la volonté des Etats de mettre en place des politiques inclusives, cohérentes et bien coordonnées, impliquant toutes les parties prenantes gouvernement, entreprises et partenaires de développement.

Une étape bien franchie par plusieurs nations anglophones au sein du continent.  On pense notamment à l’Afrique du Sud, au Kenya, au Nigéria ou encore le Rwanda qui deviennent de véritable hubs d’innovations et de recherche.

En 2018 par exemple, le rapport GSMA sur l’économie numérique africaine nous apprenait que les technologies mobiles ont contribué à hauteur de 7,1% du PIB de l’Afrique subsaharienne. Cela équivaut à 110 milliards de dollars. Au Nigéria pour la même période, le secteur des Télécommunications contribuaient à 8,87% du PIB.

A notre question de départ à savoir si la transformation numérique sera le propulseur de la croissance dans les marchés émergents, la réponse semble être oui. Le numérique promeut l’émergence de nouveaux métiers et les formations les plus poussées sont désormais disponibles sur internet. La volonté des Etats à intégrer la numérisation dans leurs différents programme de développement montre l’attente portée envers la transformation numérique et ses effets positifs attendus dans le développement des marchés émergents.

SIPEN 2019 : Venez assister à l’émergence des économies africaines

Ces mardi 16 et mercredi 17 Avril 2019, se tiendra au King Fahd Palace la quatrième édition du Salon International de l’Economie Numérique (SIPEN). Rendez-vous incontournable de l’écosystème numérique africain, le SIPEN est un événement qui offre un cadre de réflexion relatif à la transformation digitale de nos économies en tant qu’accélérateur de l’émergence africaine. Entre forums sectoriels et keynotes, le SIPEN est le décor idéal pour faciliter les échanges entre les acteurs de l’écosystème des TIC et les intervenants, professionnels de tous les secteurs qui aboutiront sur des partenariats.

 

Afin de vous proposer toujours plus d’innovations , les organisateurs du SIPEN ont apporté des changements majeurs au fil des éditions passées.

 

Les éditions de 2015 et 2017, ont permis de réunir des experts et des professionnels nationaux des TIC. Une opportunité de partager les meilleures pratiques concernant l’économie numérique en tant que levier de développement, et d’échanger autour de panels sur les difficultés et perspectives de l’écosystème du numérique.

 

L’édition 2018, a vu l’implication d’autres secteurs d’activités notamment la microfinance, l’industrie, les mines, le commerce, le tourisme, et le secteur public. Des industries qui ont pu exposer leurs besoins, et découvrir des solutions adaptées à travers les Business Forum Sectoriel et le Business Reverse Pitch.

 

Pour 2019, le thème portera sur la “Transformation digitale en tant qu’accélérateur de l’émergence africaine”.

Cette édition 2019, complètement repensée, se déroulera pour la première fois autour de 4 forums distincts : un forum institutionnel, un forum des affaires, un forum de l’innovation et un forum des Start Up. Ces forums seront composés pour chacun de Panels, Keynotes et des ateliers thématiques.

Un fort accent sera mis sur les différentes entités inhérentes à une transformation digitale réussie de nos économies, pour une accélération de l’émergence africaine.

 

En participant à cette édition 2019 du SIPEN, vous aurez l’occasion de :

  • découvrir les solutions IT du moment, disponibles pour les secteurs du tourisme, du commerce, de l’industrie, de la finance et du secteur public ;

  • présenter vos solutions pour l’administration, les banques, l’industrie, le tourisme ;
  • rencontrer plus de 250 entreprises et 3 000 visiteurs et faites des affaires.

Participez, échangez avec tous les acteurs de l’écosystème du numérique et découvrez les enjeux et les perspectives de la transformation digitale comme accélérateur de l’émergence africaine, lors de cette quatrième édition du SIPEN 2019.

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